



http://picasaweb.google.com/tourdemediterranee/Albanie#
La route avant la frontiere albanaise annonce la couleur, la route est bien une nationale, 4m de large et completement defoncee. On apprend nos premiers mots d'albanais : mirdita (bonjour), pfalemenderit (merci), mirupafche (prononce miloupaftche, au revoir) telutem (svp). Avant de se quitter nous prenons un dernier pic nic ensemble, troquons nos casques de velos, et Luc depouille le velo de Ludo... Vers 14h, ils nous sacrent chevaliers et chevalieres puis nous quittent. Ils vendront ou troqueront leurs velos pour continuer le voyage a pied.
Nous continuons sur la petite route defoncee vers Shkoder, dans la debandade des motocyclettes, voitures tres vieilles, berlines (Mercedes classe E 250D et 300D nous dis Luc), et autres tas de tailes qui se croisent et par un miraculeux hasard, n'embrochent pas les pietons qui traversent et circulent sur la route. Les jeunes squattent les maisons en construction et nous envoient des "hellos", depaysement total. le soir nous entendons l'appel a la priere de l'imam pour la premiere fois du voyage.
Le lendemain (7 dec), nous repartons a l'assaut de la nationale au milieu des charrettes, vaches, dindons, moutons mais aussi voitures qui nous doublent sans precautions. Le midi nous sommes l'attraction du village dans lequel on s'arrete pour dejeuner. De jeunes garcons viennent nous parler, ils se baladent en motos et scooters. Souvent lorsque nous nous arreterons en Albanie, nous creerons des attroupements de jeunes et d'enfant assez impressionnants. Ce soir nous depassons les 2000 kms.
Le mardi 8, le parcours sur l'asphalte jusqu'a Tirane est fait d'embuches la route etant en construction. On respire la poussiere, les klaxons nous assourdissent. Apres 50 bornes avalees en un eclair, nous arrivons dans la capitale. Les voitures, camions, pietons et quelques velos se croisent, se frolent dans un rythme effrene. Les policiers sont postes sur les ronds-points pour les decorer semble t-il. L'ambiance est echaudee et la vie fourmille. Nous sommes a nouveau le centre des curiosites, des enfants viennent nous dirent les mots d'anglais et de francais qu'ils connaissent. En repartant vers le col qui nous mene a Elbasan, nous chargeons nos velos de pains azymes plus grands que nos sacoches.
Le lendemain, il pleut a grosses gouttes. Nous descendons vers Elbasan. Sur la route des petits marches se succedent : kakis, oranges, figues seches, miel... On s'arrete chez une petite dame sympathique qui nous offre trois kakis. A peine une demi heure plus tard, c'est une autre femme d'environ 65 ans et tres belle, qui nous offre trois autres kakis alors que nous nous abritons, transis par le froid.
Le soir nous trouvons un abri dans un hangar plutot glauque a Qukes ou nous rencontrons Ermal, un jeune de 17ans. Il nous raconte son histoire sur la mafia albanaise et nous ecrit sa vie sur les murs en beton, il ne parle pas anglais et nous communiquons par dessins sur les murs blancs.
Dans la journee du lendemain, nous discutons avec un groupe d'etudiants de Prrenjas, puis nous entamons la montee pour arriver a la frontiere macedonienne.
L'Albanie etait un depaysement total, pays pauvre qui nous a marque (par la generosite des gens aussi).